Vendange 2009
Le début de "Notre première année de vinification"
Un gel tardif et un nombre inhabituellement important de sangliers sauvages affamés ont décimé notre vigne d’ordinaire abondante.
Premier jour – Le Cinsault Rosé
Le jour débuta bien avec une équipe motivée et pleine d’entrain et le raisin commenςa rapidement à arriver à la cave.
Le rosé est préparé différemment du rouge, toutes les grappes vont directement au pressoir et seul le jus est mis dans la cuve de fermentation. Tout s’est bien passé et les vendangeurs se sont rassemblés avec enthousiasme pour voir les premières gouttes de jus extraites. Nous nous sommes vite rendus compte que seulement trois des six phases marchaient (il y a six phases dans chaque programme, chaque phase augmente la pression avec laquelle le raisin est pressé). Nous avons finalement terminé le seul et unique pressage de la journée sept heures après son commencement (il aurait dù prendre une heure), puis nous avons dù tout nettoyer: le pressoir, les tuyaux, la pompe et tout le matériel des vendanges. Il était plus de dix heures quand nous avons fini.
Deuxième jour – Le Syrah, Rouge
Notre Syrah (connu également sous le nom de Shiraz en Australie) s’en est mieux sorti que le Cinsault avec le gel mais a tout de même subi l’appétit vorace des sangliers. Le Syrah étant destiné au vin rouge, toute la récolte passe par l’égrappoir. Les tiges tombent au bout de la machine et le raisin tombe dans le fouloir. Il s’écoule du fouloir dans la pompe à vendanges, où il est aspiré par un tuyau énorme jusqu’à la cuve de fermentation. Il faut deux hommes forts pour porter le tuyau, qui fait 14 mètres de long et 120 mm de diamètre, avec d’énormes raccords en inox à chaque extrémité.
Après la fin de la récolte, les rafraîchissements
et la paye (sous la forme de vin), nous avons attaqué le long processus de nettoyage. Une fois encore, tout doit être parfaitement propre avant qu’on puisse se retirer dans le confort d’un bon bain chaud et dºun lit. C’est incroyable comme le raisin s’infiltre partout et comme il est collant! Il faut un jet à forte pression pour nettoyer le matériel et les tuyaux. On doit démonter l’égrappoir pour atteindre l’intérieur. Il faut ouvrir le capot du moteur et retirer la cage et la vis d’Archimède au milieu, faite de tiges de métal qui poussent les grappes contre la cage et séparent ainsi les grains des tiges.
Troisième jour – Le Cabernet Sauvignon, Cartagène
Cette année le Cabernet Sauvignon, sur la parcelle la plus exposée, a particulièrement souffert du gel. Nous avons donc décidé d’en faire une Cartagène, avec du Jacquet, qui est une ancienne variété locale. Juste au cas où vous vous le demandez, la Cartagène est un apéritif à base de jus de fruit et d’alcool, typique de la région. C’est nettement plus fort que le vin. Le jour commenςa calmement, le soleil était là et le ciel était clair, et la récolte se fit tranquillement. Dans l’après-midi nous avons retiré nos chaussures et écrasé le raisin à l’ancienne. Puis nous avons versé le raisin écrasé dans le pressoir et extrait environ 120 litres de jus, que nous avons refroidi à 4º et laissé reposer 24 heures. Nous l’avons ensuite soutiré pour avoir le jus le plus clair possible sans le filtrer. Puis nous avons ajouté l’alcool et avons obtenu 110 litres de produit fini.
La Bonne Nouvelle
La bonne nouvelle, c’est que pour notre première année de vinification, nous n’avons pas des centaines d’hectolitres de vin à surveiller. Ce que nous avons est de bonne qualité et d’un volume gérable pour les débutants que nous sommes. Nous finirons avec une petite quantité d’un beau vin auquel on aura prodigué plus de soin et d’attention qu’à aucun vin dans l’histoire de la fabrication de vin, sans doute.
